Arête des Cosmiques

Aiguille du Midi, Massif du Mont Blanc, 19 jui. 2008

Participants : Fred Chambat (Vulcain, ABC et CAF), Jarek (Troglo et CAF), Emma et Olivier (CAF)

L’arête des Cosmiques c’est une fantastique chevauchée dans les airs (cf. photos + bas). Une alternance d’arête, de petits couloirs et de rochers. Faire de l’alpinisme dans le massif du Mont Blanc c’était aussi un vieux rêve du temps où, adolescent, je lisais « La montagne à mains nues » de Desmaison. Rêve réalisé dans d’excellentes conditions : petit bivouac vers Cham la veille, beau temps et super chouette équipe homogène de « plus ou moins débutants ». Nous nous sommes rencontrés dans quelques stages et sorties initiation alpi du CAF et constituons une petite équipe motivée. Au sommet l’émotion est intense, je verse une larme ; personne ne voit rien derrière les lunettes de glacier.

Samedi donc. Lever à 5 h après une nuit sous la tente, à la belle ou dans la voiture, c’est selon. Rapide montée en benne au sommet de l’aiguille : le contraste est saisissant, là haut il y a beaucoup plus de vent et la température est bien inférieure à la vallée. Le ciel est bleu mais le Mont-Blanc a son petit chapeau. Départ un peu avant 8 h, descente de l’arête nord, puis traversée du replat jusqu’au pied de l’arête des cosmiques. Dans le replat deux drames ont été évités. A peine au dessus de nous, un second de cordée tombe sous nos yeux dans une rimaye, le premier de cordée crie, nous montons à grandes enjambées vers eux, le second ressort finalement par ses propres moyens avant que nous les ayons atteint. Tout juste repartis sur le replat nous entendons un énorme craquement : c’est un sérac qui se détache au dessus de la voie de montée au Tacul. Les dizaines de personnes qui montent en dessous ne risquent pas grand-chose car la trace passe judicieusement à l’écart de la trajectoire. Par contre les deux alpinistes situés plus à gauche entament, pendant la chute du sérac, une course à vive allure dans la pente, et échappent à un bloc de plusieurs mètres cubes qui vient terminer sa course à une cinquantaine de mètres. Peu après nous assistons à une petite dépose en hélicoptère juste à coté de nous. Pour les animations, l’office du tourisme a décidément mis les moyens !

Nous entamons l’arête proprement dite vers 9 h, nous sommes tranquilles, les cordées précédentes sont 100 m devant. Après une heure facile, l’affaire se corse : il y a la queue au rappel. Nous doublons des cordées en désescalade, faisons le rappel et doublons des espagnols. Nous nous arrêtons quelques minutes pour manger avant le pas clé, erreur, les espagnols les plus lents du monde nous repassent devant. Jarek commence a avoir le mal de l’altitude : maux de tête, envie de vomir, il avance lentement. Nous piétinons longtemps derrière les espagnols puis les re-dépassons peu avant le sommet. Le dernier ressaut est la partie la plus technique et la plus aérienne. Il faut jouer avec les becquets pour s’assurer, c’est très chouette. L’arrivée sur la plate-forme, vers 14 h, est un peu comique, les touristes montés en téléphérique nous applaudissent, les japonais nous prennent en photo. En attendant la benne de descente Jarek s’occupe à vomir. Verdict, l’endroit le moins approprié semble être par dessus la rambarde de la plate-forme sommitale : le vent remonte très fort le long des parois…

Un petit verre à Cham et les amis me déposent à Bonneville à la rencontre des collègues de canyon avec qui nous partons encadrer le stage canyon à Mieussy. A suivre au prochain mail…

Merci aux trois amis de cordée pour cette belle aventure.

Fred

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