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Sortie hivernale du 24-25 Janvier à Névache
Quand le GIGN rencontre un CRS …..
Pourri qu’ils avaient dit la météo. Après une semaine de beau, vous les gens qui habitez à la montagne, vous allez vous terrer chez vous comme nous les parigots. Vous allez morfler, et c’est bien fait. Il n’y a pas de raisons que l’hiver ne soit dur que pour les gens qui habitent au nord de la Loire. Bravant ces prévisions pessimistes et, un tantinet dictées par la jalousie parisienne, ABC a, une fois de plus, fait preuve d’un dynamisme à la hauteur de sa réputation. Pas moins de huit courageux ont défié Joël Collado (remarquez mon dévouement particulier parce que non seulement, je vous livre le compte-rendu le lundi, mais en plus, je me fais chier pour aller vérifier l’orthographe du nom du type qui fait la météo sur France Inter) pour répondre à l’appel de Yves (qui constituait donc le neuvième de la troupe. Je précise pour ceux qui ont du mal) : Catherine, Caroline, Babeth, Lolo, Sophie, Bertrand, Guillaume et moi-même.
Tous les couples formés d’une étudiante et d’un salarié de l’assurance maladie avaient pu débloquer leur vendredi pour faire un week-end de trois jours. Ceux-là se sont retrouvés sous un soleil radieux le matin à l’Alpe d’ Huez pour faire Symphonie d’automne, une cascade magnifique de 3 longueurs soutenues. De la glace dure et difficile à brocher, des longueurs raides, des stalactites menaçants. Bref, on a adoré (non, non, ça n’est même pas du second degré). Pour Sophie, c’était le début de son stage commando. Un antibio la rendant particulièrement sensible au soleil l’a obligée à se déguiser en gendarme d’élite du GIGN : impressionnant mais photogénique ! 2 rappels et un sandwich plus loin, nous prenions la direction de Névache.
Après cette satanée troisième longueur en glace, on croyait que le plus dur de la journée était derrière nous. Il n’en était rien. Yves ne nous attendant pas avant tard dans la nuit, il a fallu chercher un resto à Névache, hors saison, un vendredi soir, après 19h30, puants et transpirants. La chasse au touriste n’étant pas ouverte, nous nous sommes fait jetés proprement mais fermement de 4 ou 5 restaurants (faut dire, on pousse un peu, il était tard et on n’avait pas appelé 15 jours avant pour réserver) avant de trouver quelque chose.
Quand le reste des lyonnais a débarqué vers 23h00, hagards, meurtris par la route, le boulot, le manque de sommeil, la faim et je ne sais quoi encore, il a fallu décider du programme du lendemain. Il y a eu vite unanimité sur le fait que se lever tôt n’était pas une super idée. Donc, pour Yves, Babeth, les Latombe et Caro : ski de piste à Serre-Che ; pour les autres vrai ski, c’est-à-dire ski de rando (mais non, fais pas la gueule, Yves, je déconne. Et puis, tu verras à la descente, on en a chié, alors on a été puni en quelque sorte) dans la Clarée.
9h00, c’est tôt pour un samedi mais pour aller faire de la montagne, c’est pas pire. Mais quand on 198654 h de sommeil en retard, de la route dans les pattes et une nuit difficile dans le froid (je vous l’ai déjà dit mais à Névache, dormir dedans ou dehors, c’est pareil) c’est dur pour certains. Donc, ce n’est que péniblement vers 9h90 que le groupe ski de rando a quitté le chalet (eux qui faisaient les malins parce que, eux, ils n’allaient pas en piste). Vu l’énergie déployée le matin au départ, il était bienvenu que la rando ne commence pas par une pente raide. Et de ce côté-là, on peut dire qu’on a été gâté. 200 m de dénivelé en 2h. Ca paraît nul dit comme ça mais pour ceux qui ne connaissent pas la vallée de la Clarée, sachez qu’on ne comprend même pas comment l’eau de la rivière peut y couler tellement c’est plat. Après cet échauffement bien progressif (là celui qui se faisait un claquage, il le faisait exprès), nous avons entamé la montée, la vraie jusqu ‘au refuge du Chardonnet en suivant les traces du ski-doo ravitailleur. Toujours fatigués et affamés, Lolo et Guillaume ont suggéré la pause au chalet (si, si, vous avez bien lu, Lolo était affamée, étonnant non ?). Ce n ‘est donc qu’après la pause déjeuner que nous avons entamé les 400 derniers mètres vers le col du raisin. Il était tard, la neige était bien plaquée mais l’itinéraire peu exposé et la neige plus fraîche depuis belle lurette. On a donc pu atteindre le col sans encombre. La descente, pas vraiment mythique, n’était pas aussi ignoble que les croûtes formées par le vent le suggéraient à la montée. En revanche, on savait bien que les kilomètres de plat qu’on s’était tapés à la montée nous attendaient au retour. La rando se comptait donc en dénivelé (1000 m) et en kilomètres d’approche (4 km, 5 km ?). Au final, cette rando qui constituait un deuxième pied de nez à Joël Collado (maintenant que je sais l’écrire, j’en profite), était très jolie et bien représentative du caractère sauvage et paisible de la Clarée. Pas de grosses pentes raides, pas de faces inquiétantes mais loin de la civilisation (cf l’approche) et donc, au calme. Si on a un regret à formuler, ce sera celui de ne pas avoir vu d’animaux (à part les deux chats du refuge montés en motoneige). Quant aux skieurs de piste, je ne peux pas vous en dire grand-chose car je n’ai pas encore le don d’ubiquité mais, apparemment, le soleil et la neige était au rendez-vous à Serre-Chevalier. Ils en ont donc profité un maximum eux aussi.
Je vous parle d’efforts, de ski, de dénivelé mais, soyons honnêtes, tout cela n’a qu’un but : se baffrer le soir de raclette. Le crux de la journée arrivait donc le soir. On était surs de ne manquer de rien car les Latombe s ‘étaient chargés de faire les courses : 2 kg de fromage (ou plus je ne sais plus), 49,5 euros de charcuterie, 2 fois trop de patates, du fromage blanc (rien de tel après une bonne raclette), et pour le lendemain saucisson, rillettes dès fois qu’il n’y aurait pas de restes. J’avoue que j’ai franchement hésité à donner comme titre à ce compte-rendu : 49,5 euros de charcuterie. Tout était près. On avait pris l’apéro, les patates étaient chaudes, le thermostat de l’appareil à raclette venait de s’éteindre, le vin était servi. Le départ allait être donné. Et puis, là, brutalement, comme dans un rêve qui tourne au cauchemar, on s’est rappelé que, avant de bouffer, il fallait faire démarrer la voiture de Babeth dont la batterie était à plat. J’ai donc dû ravaler la bave qui commençait à couler le long de mes joues pour faire acte de solidarité entre propriétaires de 106. Plutôt que de nous calmer, cet épisode a décuplé notre envie de manger (appelons ça comme ça, parce que à mon avis ce n’est pas à proprement parlé de la faim). Donc, on s’y est mis à neuf avec toute notre volonté mais à peine plus de la moitié du jambon est partie. Le fromage blanc a été juste entamé. Le deuxième sachet de patates a été épargné. Et dire qu’il y en a un (je le cite ou pas ? Allez non, de toute façon, on le reconnaîtra) qui pensait qu’on allait manquer. A l’écouter, il a failli me transmettre son angoisse, le bougre. Bref, les réserves pour le lendemain étaient faites et heureusement parce que, les randonneurs de la veille allaient faire une cascade de glace le lendemain avec une approche d’au moins 10 minutes.
Déjà dimanche, c’est passé si vite. Heureusement, il a fait beau et on a encore pu profiter de la journée. Au programme : raquettes pour 5, cascade à Ceillac pour les 4 autres. Là pas le choix, il faut se lever tôt. Ceillac c’ est loin et, aller savoir pourquoi, les cascades de glace n’aiment pas le soleil. C’est susceptible un stalactite, c’est pas croyable. On partait donc au petit matin en laissant au groupe raquette une cuisine chaude, une table du petit déj prête, un portable chargé et un point de rendez-vous. Tranquillement vers 9-10 h, ces derniers ont émergé. Sans se faire violence, ils ont profité du soleil magnifique pour monter tranquillement en raquettes au refuge du Chardonnet. Pendant ce temps, il y avait embouteillage vers 10h dans l’Y de droite, comme de gauche à Ceillac. Un CRS représentatif du corps (bourru, odieux avec son fils parce qu’il n’allait pas assez vite, malpoli au point de doubler des cordées prêtes à s’engager dans la voie) nous a talonné en espérant nous doubler en vain. Nos 2 cordées de choc incluant une représentante du GIGN (rappelez-vous la cagoule noire) ne se sont pas laissées faire. Ce nouvel épisode de la guerre des polices a vu le GIGN l’ emporter sur les CRS. Si Sarko avait vu ça ..
Bertrand S.