Articles avec le tag ‘ski de rando’

Vers la Pointe de Méan Martin

Vanoise, 24 juin 2009

Vers la Pointe de Méan Martin (3330 m), versant Nord, depuis le Pont de la Neige (Vanoise)

Participants : Delphine Mille, Fred Chambat

En cette saison il faut aller un peu loin et haut pour trouver de la neige au départ de la voiture. Départ la veille au soir pour le col de l’Iseran donc. Bivouac sous tente à côté de cette route peu fréquentée la nuit. Lever vers 5h pour éviter la soupe (la neige !). Il y a deux descente sur le parcours dans lesquelles nous dépeautons (hé oui, on a « topoter », en ski il y a « dépeauter »). Demi-tour 300 m sous le sommet. Quelques belles descentes. Retour à la tuture vers 14h. Météo : super beau et super chaud. D+ 1000 m

Pointe des Cerces

Alpes, 10 juin 2009

Participants : Frédéric Chambat. Et Geneviève en voiture…

C’est bizarre de faire du ski de rando en juin mais pas plus que du canyon en janvier !

Pointe des Cerces (73 et 05, 3097 m), versant N en ski de rando

Démangé par l’envie d’essayer le matos de ski de rando acheté en fin de saison, plusieurs tentatives avortées, celle-ci est la dernière et la bonne. Départ hier soir et dodo sur le parking des Mottets ( 2000 m). Geneviève une collègue du CAF avec qui je suis venu a oublié ses chaussures : je pars donc seul ce matin à 5 h 15 et arrive au sommet à 8 h 30 après plusieurs échanges entre les skis et les crampons aux pieds. Y’a une chouette vue là-haut, notamment sur les Écrins. Courte mais superbe descente à skis. Pas vu le loup aperçu par plusieurs personnes dans le coin ces derniers temps.

Ski de rando en Vanoise

du 2 au 3 avril

Fin de saison …. provisoire en Vanoise

Etre en retard dans mes comptes-rendus me permet aujourd’hui d’éviter de vous raconter des conneries. En rédigeant celui-ci juste après la sortie, j’aurais pu vous dire que la saison de ski de rando est terminée, que la neige tombée abondamment cet hiver a fondu définitivement avec le redoux et qu’il est temps de ranger les skis et de sortir les chaussons voire les piolets tant que les couloirs ne sont pas trop fournis et en neige dure. Bref que le printemps était là et que cette sortie marquait la fin de l’hiver. Les chutes de neige jusque sur l’A40 ce week-end m’évite cette bévue mais rendent ce compte-rendu un peu anachronique. Vous n’avez qu’à faire comme s’il faisait beau dehors et ça le fera …

Donc, tout commençait bien ou plutôt tout commençait comme d’habitude avec Sandrine et Hélène : pour atteindre le refuge, un faible dénivelé nous attendait mais l’approche était terriblement longue. Je regardais inquiet sur la carte IGN d’Hélène l’itinéraire proposé : il commençait dans le coin inférieur droit de la carte pour terminer dans le coin supérieur gauche. Ca n’était pas bon signe. Et pourtant, une fois le dernier télésiège dépassé, toute trace de beauferie valdisérienne disparaissait : on était en Vanoise sauvage et c’était beau : un vallon sauvage tout juste parsemé de quelques chalets-refuges s’offrait à nous. La platitude du vallon offrait une vue qui n’avait d’égale que le degré de souffrance de Sandrine sur ce genre de parcours. Au col du Pisset, nous avions fait à peine 800m de dénivelé mais nous avions trop d’heures de ski dans les pattes et le cerveau trop embrumé par une discussion sur la constitution européenne pour pousser jusqu’à la pointe de Méan Martin. La descente bien qu’épique n’a pas été mémorable. Il a fallu chercher les plaques de neige au milieu des jolis pâturages.

Nous sommes arrivés suffisamment tôt au refuge pour profiter du soleil de plus en plus présent. Les couleurs fantastiques qu’il a données à la montagne en se couchant ont été une belle récompense. Sandrine nous a amené une récompense moins spirituelle. En effet, cette journée du 02/04 c’était la Ste Sandrine et son anniversaire. Comme Hélène connaissait les gardiens, on a également eu le droit à l’apéro. Heureusement, que le lever n’était pas prévu à 5h le lendemain !

Le lendemain donc, le ski de rando commençait (le ski de rando c’est le truc où ça monte d’abord pour descendre ensuite, contrairement au ski de fond). Les conditions anticycloniques avaient permis un bon regel mais le froid ambiant augmenté par le vent à l’approche du sommet de la pointe de la Sana allait presque nous faire regretter cette neige très porteuse. Le jeu en valait la chandelle car le sommet de la Sana offre un panorama à 360°: au premier plan : la grande casse et la Vanoise. Au loin : les Ecrins, les Alpes Suisses, le massif du mont blanc, excusez du peu !

Avec un peu d’avance sur le groupe, je suis arrivé au sommet en plein vent dans une neige dure sur une pente ne laissant pas de place à l’erreur. Pas fidèle pour 2 sous à mes principes par flemmardise, je n’ai pas suivi le principe qui dit : « quand tu hésites à mettre les couteaux, c’est qu’il faut les mettre ». Ca m’apprendra car en gagnant du temps à ne pas les mettre, je me suis pelé plus longtemps au sommet en priant pour que Bruno, avec qui nous avions rendez-vous, ne soit pas à la bourre.

Par chance, Bruno était pile à l’heure (après tout c’est son métier de tenir l’horaire). Nous sommes donc redescendus fissa. Enfin fissa, c’est une façon de parler parce que le vent les regels, les redoux avaient fait de la pente sous le sommet un champ de neige hétérogène inskiable sauf pour Bruno, décidemment écoeurant skis aux pieds. C’est donc avec une agréable surprise que nous avons découvert un champ de poudre légère et facile à skier 300 m plus bas. Cela dit, ça n’a pas duré longtemps et en dessous de 2000 m, il fallait se rendre à l’évidence : la neige était vieille et avait été réchauffée et recongelée de plus nombreuses fois que du bœuf britannique de 1996.

Après quelques pas de patineurs, nous atteignions la terrasse du bar. Je vous épargne l’éternel refrain du retour brutal à la civilisation après deux jours en montagne mais il faut reconnaître que finir la course sur une terrasse à Val d’Isère, c’est du brutal de chez brutal. Du coup, on n’a pas pu s’empêcher d’être méchant avec le serveur. Enfin merde, on a beau ne pas être savoyards, on n’accepte pas trop de se faire traiter comme des touristes de base.

Bertrand S

Week-end ski de rando à la Tournette

du 12 au 13 mars

Huit courageu(ses)x participant(e)s : nos deux organisatrices Hélène et Sandrine, Laurence et Christelle pour ces dames, Eric, Olivier, Nicolas et Patrice (le piètre narrateur)pour respecter la parité chèrement défendue par une campagne nationale peu de temps avant.

Objectif : la Tournette

Temps : magnifique. C’est sur un point comme celui là que l’on reconnaît des super organisatrices : beau temps samedi, perturbation dans la nuit et beau temps le dimanche.

Neige : parfaite

Regroupement au Cropt à 10 h précise. Les ceusses qui sont en avance attendent ou vont faire un petit tour en voiture histoire d’apprécier les bienfaits de la civilisation quelques minutes de plus. Préparation minutieuse du matériel et départ sous l’œil attentif d’Hélène avec son ARVA en mode comptage. Nous sommes tous passés, mais limite limite au contrôle !

Pour la montée au refuge de Rasairy, 700 petits mètres de dénivelés avec deux options au choix :

– version Hélène, sportive et formatrice (à recommander aux novices de la conversion),

– version Sandrine pour ceux qui avaient perdu Hélène de vue, plus dans l’esprit promenade gentille.

Par pudeur, je ne dirai pas qui est arrivé en premier !

Comme nous n’avions pas eu l’occasion de nous servir des ARVA à la montée, nous avons fait un petit exercice d’entraînement de recherche de victime d’avalanche à la place de la sieste. Le tout suivi d’un cours de descente histoire de se mettre en appétit pour le soir.

Refuge super sympa, tout confort : toilettes (2 SVP !), chauffage, apéritif et repas servis à table.

Dimanche matin lever avant l’aube, petit déjeuner et départ vers 7h 45. Le brouillard nous a suivi jusqu’à 2000 m. Après il en a eu marre (c’est Hélène qui donne le rythme …). Joli couloir bien large, petite traversée et ça y est, nous étions déjà arrivés.700 m finalement ce n’est pas grand-chose, surtout quand on a bien retenu la leçon de conversion de la veille (super organisé le WE initiation, tout en pédagogie démonstrative). Panorama magnifique et tous les superlatifs que vous voudrez bien rajouter.

Une descente de 1400 m nous attend. Vu le temps que j’ai passé le nez dans la neige, je ne peux pas en dire grand chose, sauf que la neige était parfaite pour s’essayer en hors piste (souple à souhait). Les autres y assurent un max, c’est des pros de la glisse. Bon forcément Nicolas est un peu jeune pour apprécier pleinement, mais je suis sûr que ça viendra.

C’est déjà assez dur comme cela de déchausser, alors pour en profiter encore un peu, quoi de mieux qu’une terrasse ensoleillée et une boisson bien fraîche qui mousse pour se réhydrater.

A la prochaine, et un grand merci à Hélène et Sandrine pour ce WE magnifique qui ressemble fort à une invitation à participer à la prochaine rando.

Patrice.

Sortie hivernale du 24-25 Janvier à Névache

Quand le GIGN rencontre un CRS …..

Pourri qu’ils avaient dit la météo. Après une semaine de beau, vous les gens qui habitez à la montagne, vous allez vous terrer chez vous comme nous les parigots. Vous allez morfler, et c’est bien fait. Il n’y a pas de raisons que l’hiver ne soit dur que pour les gens qui habitent au nord de la Loire. Bravant ces prévisions pessimistes et, un tantinet dictées par la jalousie parisienne, ABC a, une fois de plus, fait preuve d’un dynamisme à la hauteur de sa réputation. Pas moins de huit courageux ont défié Joël Collado (remarquez mon dévouement particulier parce que non seulement, je vous livre le compte-rendu le lundi, mais en plus, je me fais chier pour aller vérifier l’orthographe du nom du type qui fait la météo sur France Inter) pour répondre à l’appel de Yves (qui constituait donc le neuvième de la troupe. Je précise pour ceux qui ont du mal) : Catherine, Caroline, Babeth, Lolo, Sophie, Bertrand, Guillaume et moi-même.

Tous les couples formés d’une étudiante et d’un salarié de l’assurance maladie avaient pu débloquer leur vendredi pour faire un week-end de trois jours. Ceux-là se sont retrouvés sous un soleil radieux le matin à l’Alpe d’ Huez pour faire Symphonie d’automne, une cascade magnifique de 3 longueurs soutenues. De la glace dure et difficile à brocher, des longueurs raides, des stalactites menaçants. Bref, on a adoré (non, non, ça n’est même pas du second degré). Pour Sophie, c’était le début de son stage commando. Un antibio la rendant particulièrement sensible au soleil l’a obligée à se déguiser en gendarme d’élite du GIGN : impressionnant mais photogénique ! 2 rappels et un sandwich plus loin, nous prenions la direction de Névache.

Après cette satanée troisième longueur en glace, on croyait que le plus dur de la journée était derrière nous. Il n’en était rien. Yves ne nous attendant pas avant tard dans la nuit, il a fallu chercher un resto à Névache, hors saison, un vendredi soir, après 19h30, puants et transpirants. La chasse au touriste n’étant pas ouverte, nous nous sommes fait jetés proprement mais fermement de 4 ou 5 restaurants (faut dire, on pousse un peu, il était tard et on n’avait pas appelé 15 jours avant pour réserver) avant de trouver quelque chose.

Quand le reste des lyonnais a débarqué vers 23h00, hagards, meurtris par la route, le boulot, le manque de sommeil, la faim et je ne sais quoi encore, il a fallu décider du programme du lendemain. Il y a eu vite unanimité sur le fait que se lever tôt n’était pas une super idée. Donc, pour Yves, Babeth, les Latombe et Caro : ski de piste à Serre-Che ; pour les autres vrai ski, c’est-à-dire ski de rando (mais non, fais pas la gueule, Yves, je déconne. Et puis, tu verras à la descente, on en a chié, alors on a été puni en quelque sorte) dans la Clarée.

9h00, c’est tôt pour un samedi mais pour aller faire de la montagne, c’est pas pire. Mais quand on 198654 h de sommeil en retard, de la route dans les pattes et une nuit difficile dans le froid (je vous l’ai déjà dit mais à Névache, dormir dedans ou dehors, c’est pareil) c’est dur pour certains. Donc, ce n’est que péniblement vers 9h90 que le groupe ski de rando a quitté le chalet (eux qui faisaient les malins parce que, eux, ils n’allaient pas en piste). Vu l’énergie déployée le matin au départ, il était bienvenu que la rando ne commence pas par une pente raide. Et de ce côté-là, on peut dire qu’on a été gâté. 200 m de dénivelé en 2h. Ca paraît nul dit comme ça mais pour ceux qui ne connaissent pas la vallée de la Clarée, sachez qu’on ne comprend même pas comment l’eau de la rivière peut y couler tellement c’est plat. Après cet échauffement bien progressif (là celui qui se faisait un claquage, il le faisait exprès), nous avons entamé la montée, la vraie jusqu ‘au refuge du Chardonnet en suivant les traces du ski-doo ravitailleur. Toujours fatigués et affamés, Lolo et Guillaume ont suggéré la pause au chalet (si, si, vous avez bien lu, Lolo était affamée, étonnant non ?). Ce n ‘est donc qu’après la pause déjeuner que nous avons entamé les 400 derniers mètres vers le col du raisin. Il était tard, la neige était bien plaquée mais l’itinéraire peu exposé et la neige plus fraîche depuis belle lurette. On a donc pu atteindre le col sans encombre. La descente, pas vraiment mythique, n’était pas aussi ignoble que les croûtes formées par le vent le suggéraient à la montée. En revanche, on savait bien que les kilomètres de plat qu’on s’était tapés à la montée nous attendaient au retour. La rando se comptait donc en dénivelé (1000 m) et en kilomètres d’approche (4 km, 5 km ?). Au final, cette rando qui constituait un deuxième pied de nez à Joël Collado (maintenant que je sais l’écrire, j’en profite), était très jolie et bien représentative du caractère sauvage et paisible de la Clarée. Pas de grosses pentes raides, pas de faces inquiétantes mais loin de la civilisation (cf l’approche) et donc, au calme. Si on a un regret à formuler, ce sera celui de ne pas avoir vu d’animaux (à part les deux chats du refuge montés en motoneige). Quant aux skieurs de piste, je ne peux pas vous en dire grand-chose car je n’ai pas encore le don d’ubiquité mais, apparemment, le soleil et la neige était au rendez-vous à Serre-Chevalier. Ils en ont donc profité un maximum eux aussi.

Je vous parle d’efforts, de ski, de dénivelé mais, soyons honnêtes, tout cela n’a qu’un but : se baffrer le soir de raclette. Le crux de la journée arrivait donc le soir. On était surs de ne manquer de rien car les Latombe s ‘étaient chargés de faire les courses : 2 kg de fromage (ou plus je ne sais plus), 49,5 euros de charcuterie, 2 fois trop de patates, du fromage blanc (rien de tel après une bonne raclette), et pour le lendemain saucisson, rillettes dès fois qu’il n’y aurait pas de restes. J’avoue que j’ai franchement hésité à donner comme titre à ce compte-rendu : 49,5 euros de charcuterie. Tout était près. On avait pris l’apéro, les patates étaient chaudes, le thermostat de l’appareil à raclette venait de s’éteindre, le vin était servi. Le départ allait être donné. Et puis, là, brutalement, comme dans un rêve qui tourne au cauchemar, on s’est rappelé que, avant de bouffer, il fallait faire démarrer la voiture de Babeth dont la batterie était à plat. J’ai donc dû ravaler la bave qui commençait à couler le long de mes joues pour faire acte de solidarité entre propriétaires de 106. Plutôt que de nous calmer, cet épisode a décuplé notre envie de manger (appelons ça comme ça, parce que à mon avis ce n’est pas à proprement parlé de la faim). Donc, on s’y est mis à neuf avec toute notre volonté mais à peine plus de la moitié du jambon est partie. Le fromage blanc a été juste entamé. Le deuxième sachet de patates a été épargné. Et dire qu’il y en a un (je le cite ou pas ? Allez non, de toute façon, on le reconnaîtra) qui pensait qu’on allait manquer. A l’écouter, il a failli me transmettre son angoisse, le bougre. Bref, les réserves pour le lendemain étaient faites et heureusement parce que, les randonneurs de la veille allaient faire une cascade de glace le lendemain avec une approche d’au moins 10 minutes.

Déjà dimanche, c’est passé si vite. Heureusement, il a fait beau et on a encore pu profiter de la journée. Au programme : raquettes pour 5, cascade à Ceillac pour les 4 autres. Là pas le choix, il faut se lever tôt. Ceillac c’ est loin et, aller savoir pourquoi, les cascades de glace n’aiment pas le soleil. C’est susceptible un stalactite, c’est pas croyable. On partait donc au petit matin en laissant au groupe raquette une cuisine chaude, une table du petit déj prête, un portable chargé et un point de rendez-vous. Tranquillement vers 9-10 h, ces derniers ont émergé. Sans se faire violence, ils ont profité du soleil magnifique pour monter tranquillement en raquettes au refuge du Chardonnet. Pendant ce temps, il y avait embouteillage vers 10h dans l’Y de droite, comme de gauche à Ceillac. Un CRS représentatif du corps (bourru, odieux avec son fils parce qu’il n’allait pas assez vite, malpoli au point de doubler des cordées prêtes à s’engager dans la voie) nous a talonné en espérant nous doubler en vain. Nos 2 cordées de choc incluant une représentante du GIGN (rappelez-vous la cagoule noire) ne se sont pas laissées faire. Ce nouvel épisode de la guerre des polices a vu le GIGN l’ emporter sur les CRS. Si Sarko avait vu ça ..

Bertrand S.

Sortie ski de rando du 5 et 6 Avril à Aussois

Ouais ben, on peut pas tout avoir. Déjà ma mère me ressassait cette phrase à longueur de journée quand j’étais môme. C’est vrai quoi. Quand on a eu la navette spatiale Lego parce qu’on n’a pas pleuré chez le dentiste (et pourtant, il y avait de quoi), ça ne se fait pas de réclamer à son enseignante en milieu de carrière de maman, la base lunaire pour faire atterrir la navette précitée. Depuis, j’apprends à tempérer mes exigences et mes caprices de fils unique envers la météo, la qualité de la neige, les contraintes liées au groupe, etc… Pourtant, ce we, je n’ai pas eu à me faire violence. C’est vrai que le dimanche on a eu de la neige pourrie à la descente, c’est vrai qu’on n’est pas allé au sommet (à part Michel, en sprintant, faisant fi du vent et de la pente), c’est vrai que le refuge n’est accessible que par trois heures de ski sur une route désespérément plate qui chauffait la plante des pieds de ma douce et par conséquent mes oreilles dans les mêmes proportions. C’est vrai aussi que les nuages du dimanche nous masquaient l’itinéraire et que c’était flippant. Et bien, malgré tout cela, ce week-end s’est remarquablement passé. Il faut avouer que lorsqu’un groupe passionné de montagne se retrouve dans un refuge à trois heures de la civilisation, il est rare que le we se passe mal.

Mais, c’est un peu trop facile d’expliquer la réussite de ce we avec ce seul paramètre. Force est de constater que l’organisation, l’encadrement et le choix des courses de Sandrine et Hélène ont permis à tout un groupe, pourtant hétérogène, de prendre son pied. Euh, sportivement parlant j’entends. Ce n’est pas parce qu’on a dormi à 11 tous ensemble qu’il s’est passé des choses dans la chambre. Enfin pour les lits du bas, je ne sais pas trop. C’était l’anniversaire de Sandrine, alors on l’a laissé seule en bas avec que des gars vigoureux, transpirant la virilité après une journée d’effort sous un soleil de plomb et engaillardis par le rhum et le génépi qui circulaient sournoisement de lit en lit. Finalement, heureusement qu’il était là le soleil ce samedi car sinon, on aurait sans doute eu une neige aussi peu transformée que le dimanche (pour les non initiés, je rappelle que le qualificatif « peu transformée » utilisé par randonneur veut dire qu’il a galéré toute la descente dans une neige tantôt croûtée, tantôt mouillée, tantôt glacée, ce qui lui a valu, en général quelques gamelles mémorables qui lui ont fait juré qu’on ne le reprendrais plus à faire du ski de rando en Avril, paroles reniées généralement une semaine plus tard). Donc, n’ayant pas laissé toutes nos forces dans la montée au refuge, nos encadrantes de choc, tout juste sorties d’un stage FFME, nous ont fait révisé la recherche d’ARVA pendant que tous les autres pensionnaires du refuge sirotaient leur bière en terrasse profitant des derniers rayons du soleil.

6h50, le lendemain, soit 10 minutes avant l’heure prévue (pas mal pour un groupe de 11, non ?), on commençait l’ascension de la pointe Marie. Enfin quand je dis ascension, ça commençait par une longue traversée propice à raviver les pires souvenirs de la veille. On se dirigeait lentement mais sûrement vers une mère de nuage qui n’allait pas nous lâcher avant 2700 m. Sur le coup de 10h00, après avoir changé d’itinéraire pour des raisons de sécurité, nous quittions les derniers nuages (qui sont restés bien sage à la même place jusqu’à notre retour, histoire qu’on profite d’eux à la descente) pour découvrir de magnifiques vallons et sommets enneigés … et ventés. Le genre de paysage qui fait qu’on se surpasse naturellement comme pour rendre hommage à la nature. Sans vouloir froisser qui que ce soit, on peut particulièrement féliciter Cécile d’une part qui malgré une grosse fatigue dès le premier tiers de la course et un horaire à glacer le sang d’un encadrant la veille pour monter au refuge, a suivi le groupe à la même vitesse que tout le monde, sans broncher. Je tire également mon chapeau à Eric, sans doute le moins expérimenté du groupe en montagne, qui ne s’est pas contenté de suivre sans problème le groupe. Il s’est également complètement maîtrisé dans un passage raide et verglacé où il a déchaussé pendant une conversion. Je vais m’arrêter là pour les fleurs : faut pas déconner quand même, je ne vais non plus passer la brosse à reluire aux petits jeunes qui ont suivi le rythme quand j’accélérais pour faire le malin. Sandrine, tu noteras les noms, je ne veux plus les voir en we club ceux-là. Non mais. Bref, cette course de dimanche a été fantastique. On en a eu plein les yeux (y compris de la neige soufflée par un vent à décrocher les bonnets avec jugulaire, ceux qu’on met pour une rage de dents) et on a même pardonné à la montagne de nous avoir donné une neige aussi pourrie à la descente et un itinéraire entre le refuge et la voiture aussi plat et chiant.

Finalement, morts de faim et de soif, on a fini les saucissons, pâtés, fromage et tout ce qui pouvait ressembler à de près ou de loin à de la nourriture chez Hélène autour d’une bonne bière blanche de Savoie (faut dire ça devenait une question de vie ou de mort pour Michel cette bière).

Bertrand.

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