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Ski de rando en Vanoise
du 2 au 3 avril
Fin de saison …. provisoire en Vanoise
Etre en retard dans mes comptes-rendus me permet aujourd’hui d’éviter de vous raconter des conneries. En rédigeant celui-ci juste après la sortie, j’aurais pu vous dire que la saison de ski de rando est terminée, que la neige tombée abondamment cet hiver a fondu définitivement avec le redoux et qu’il est temps de ranger les skis et de sortir les chaussons voire les piolets tant que les couloirs ne sont pas trop fournis et en neige dure. Bref que le printemps était là et que cette sortie marquait la fin de l’hiver. Les chutes de neige jusque sur l’A40 ce week-end m’évite cette bévue mais rendent ce compte-rendu un peu anachronique. Vous n’avez qu’à faire comme s’il faisait beau dehors et ça le fera …
Donc, tout commençait bien ou plutôt tout commençait comme d’habitude avec Sandrine et Hélène : pour atteindre le refuge, un faible dénivelé nous attendait mais l’approche était terriblement longue. Je regardais inquiet sur la carte IGN d’Hélène l’itinéraire proposé : il commençait dans le coin inférieur droit de la carte pour terminer dans le coin supérieur gauche. Ca n’était pas bon signe. Et pourtant, une fois le dernier télésiège dépassé, toute trace de beauferie valdisérienne disparaissait : on était en Vanoise sauvage et c’était beau : un vallon sauvage tout juste parsemé de quelques chalets-refuges s’offrait à nous. La platitude du vallon offrait une vue qui n’avait d’égale que le degré de souffrance de Sandrine sur ce genre de parcours. Au col du Pisset, nous avions fait à peine 800m de dénivelé mais nous avions trop d’heures de ski dans les pattes et le cerveau trop embrumé par une discussion sur la constitution européenne pour pousser jusqu’à la pointe de Méan Martin. La descente bien qu’épique n’a pas été mémorable. Il a fallu chercher les plaques de neige au milieu des jolis pâturages.
Nous sommes arrivés suffisamment tôt au refuge pour profiter du soleil de plus en plus présent. Les couleurs fantastiques qu’il a données à la montagne en se couchant ont été une belle récompense. Sandrine nous a amené une récompense moins spirituelle. En effet, cette journée du 02/04 c’était la Ste Sandrine et son anniversaire. Comme Hélène connaissait les gardiens, on a également eu le droit à l’apéro. Heureusement, que le lever n’était pas prévu à 5h le lendemain !
Le lendemain donc, le ski de rando commençait (le ski de rando c’est le truc où ça monte d’abord pour descendre ensuite, contrairement au ski de fond). Les conditions anticycloniques avaient permis un bon regel mais le froid ambiant augmenté par le vent à l’approche du sommet de la pointe de la Sana allait presque nous faire regretter cette neige très porteuse. Le jeu en valait la chandelle car le sommet de la Sana offre un panorama à 360°: au premier plan : la grande casse et la Vanoise. Au loin : les Ecrins, les Alpes Suisses, le massif du mont blanc, excusez du peu !
Avec un peu d’avance sur le groupe, je suis arrivé au sommet en plein vent dans une neige dure sur une pente ne laissant pas de place à l’erreur. Pas fidèle pour 2 sous à mes principes par flemmardise, je n’ai pas suivi le principe qui dit : « quand tu hésites à mettre les couteaux, c’est qu’il faut les mettre ». Ca m’apprendra car en gagnant du temps à ne pas les mettre, je me suis pelé plus longtemps au sommet en priant pour que Bruno, avec qui nous avions rendez-vous, ne soit pas à la bourre.
Par chance, Bruno était pile à l’heure (après tout c’est son métier de tenir l’horaire). Nous sommes donc redescendus fissa. Enfin fissa, c’est une façon de parler parce que le vent les regels, les redoux avaient fait de la pente sous le sommet un champ de neige hétérogène inskiable sauf pour Bruno, décidemment écoeurant skis aux pieds. C’est donc avec une agréable surprise que nous avons découvert un champ de poudre légère et facile à skier 300 m plus bas. Cela dit, ça n’a pas duré longtemps et en dessous de 2000 m, il fallait se rendre à l’évidence : la neige était vieille et avait été réchauffée et recongelée de plus nombreuses fois que du bœuf britannique de 1996.
Après quelques pas de patineurs, nous atteignions la terrasse du bar. Je vous épargne l’éternel refrain du retour brutal à la civilisation après deux jours en montagne mais il faut reconnaître que finir la course sur une terrasse à Val d’Isère, c’est du brutal de chez brutal. Du coup, on n’a pas pu s’empêcher d’être méchant avec le serveur. Enfin merde, on a beau ne pas être savoyards, on n’accepte pas trop de se faire traiter comme des touristes de base.
Bertrand S